Un beau livre paru
aux éditions Assouline revient sur le travail méconnu du génial illustrateur
qui réinventa la Parisienne : l'homme. Retour en images sur ce trésor de la
masculinité.
Gruau, côté hommes...
Ce nom là semble
indissociablement lié à une maison. Dites Gruau, et l’on entend Dior. Prononcez
le nom de cet illustrateur culte, né Renato Zavagli Ricciardelli delle
Caminate, et ce sont les femmes fleurs viennent à l’esprit, ces parisiennes
insouciantes au glamour doré sur tranche, icônes d’une féminité retrouvée au
lendemain de la guerre. C’est d’ailleurs en pleine révolution New Look - selon
le mot de la légendaire Carmel Snow- que Christian Dior confie à René Gruau
l’illustration du fuselage éblouissant
du tailleur Bar.
Pourtant, Gruau
n’est pas que Dior, pas plus que Dior n’est Gruau. L’italo-français, qui avait
choisi pour nom d’artiste le nom de jeune fille de sa mère, a commencé dès
l’adolescence à travailler avec tous les grand titre de la presse :
Marie-Claire, le Figaro, Vogue bien sûr mais aussi Harper’s Bazaar et Elle
l’ont tous accueilli dans leurs pages. Publié au quatre coins de la planète
mode à seulement dix-huit ans, il mène en parallèle une carrière d’illustrateur
publicitaire pour de nombreuses maisons, en mode, mais pas seulement : Martini,
Oméga, lui confient leur campagne. A l’occasion, il se fait également
affichiste, pour le Moulin Rouge… ou la Dolce Vita de Federico Fellini.
Si ses femmes aux
courbes vertigineuses, à l’œil brillant et au sourire éclatant sont devenues
autant d’incarnations mythologiques de la Parisienne sous toutes ses facettes,
on connaît moins son travail sur l’autre sphère de la mode : l’homme.
Néo-dandies ou nouveaux Arsène Lupin, les messieurs de René Gruau ont fleurit
pendant des décennies dans les revues spécialisées : la revue Adam (fondée en
1925 et fermée en 1973), les magazines Sir ou Club s’arrachent ses hommes plein
de style… et d’esprit.
Les éditions
Assouline ont compilé ces images : au delà de leur indéniable qualité
artistique, de la vivacité du trait et de leur fraîcheur souvent teinté
d’humour, elles dressent aussi, en creux, l’histoire de la masculinité
d’aujourd’hui. Les tenues évoluent, le sportswear apparaît, s’épanouit à côté
des tuxedos à la virilité impeccable.
Pour l’Eau Sauvage de Dior, il imaginé carrément un hippie chevelu, ou des hommes nus sortant de leur bain. On trouve également du slip, du pantalon à pattes d’eph, des pyjamas et des maillots de bain… même si, en sortant de cette plongée de papier, ce sont surtout les silhouettes carénées, les associations de cravates et de vestes, les nœuds paps au noir de jais qui restent à l’esprit.
Plutôt américain
qu’exclusivement Parisien, un peu anglais, un peu italien aussi, l’homme Gruau,
avec son chic fitzgeraldien, est un du genre fidèle. A qui ? A une conception
pétillante et racée de sa propre élégance et de sa masculinité, légère,
nonchalante, un peu amusée aussi, mais toujours éminemment séduisante.















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